| Contrat d'assurance lié à un prêt bancaire
Cassation civile 2e, 3 septembre 2009, n° 08-13952
Très souvent, lorsqu'une banque consent un crédit, elle propose
(voire impose) à l'emprunteur de souscrire une assurance garantissant le
remboursement de ce crédit en cas d'invalidité-décès, d'incapacité
temporaire de travail ou même de perte d'emploi. Dans la très grande
majorité des cas, l'assurance proposée est une assurance collective, dite
« assurance groupe », négociée et souscrite directement par la banque pour
le compte de ses clients.
À noter :
l'emprunteur n'est pas obligé d'adhérer au contrat
d'assurance proposé par la banque. Il peut très bien choisir de
souscrire une assurance auprès de son propre
assureur.
Lorsque l'emprunteur s'assure directement auprès de la banque,
cette dernière doit obligatoirement lui remettre une notice d'information
indiquant, de manière claire et précise, les risques garantis par
l'assurance et les modalités de sa mise en jeu.
Mais ce n'est pas tout. La banque est également tenue à un
devoir de conseil vis-à-vis de son client. Plus précisément, elle doit
l'éclairer, au moment où il adhère au contrat d'assurance, sur l'adéquation
des risques couverts par cette assurance à sa situation personnelle. Et
attention : la seule remise par la banque de la notice d'information ne
suffit pas à satisfaire à son obligation de conseil !
Les juges ont eu l'occasion de rappeler cette règle dans une
affaire où un particulier, qui avait obtenu un prêt immobilier, avait
demandé, suite à sa mise en arrêt de travail, à faire jouer l'assurance
groupe qu'il avait souscrite auprès de la banque. Ayant essuyé un refus au
motif que l'assurance ne couvrait que le décès et l'invalidité absolue et
définitive et non l'incapacité de travail, il avait assigné la banque en
justice afin qu'elle soit condamnée à lui rembourser le montant des
échéances du prêt qu'il avait honorées mais qui, selon lui, auraient dû être
prises en charge par l'assureur. Et il obtint gain de cause, les juges ayant
estimé que la banque aurait dû l'éclairer sur l'adéquation des risques
couverts par l'assurance à sa situation personnelle d'emprunteur, et ce
au-delà de l'information complète figurant dans la notice qu'elle lui avait
remise.
Article du 17/03/2010 - © Copyright SID Presse - 2010
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